Impacts sur la santé

« On dispose de suffisamment de preuves convaincantes des dommages biologiques causés par les tours de téléphonie cellulaire pour appliquer le principe de précaution. »
— Sir William Stewart, président de l’Agence britannique de protection de la santé,
ancien scientifique en chef du gouvernement Thatcher, chargé par Tony Blair en 2000 d’étudier les incidences sur la santé des téléphones et des antennes cellulaires

Rayonnements micro-ondes ou CEM hyperfréquences
(ou rayonnements radiofréquences, rayonnements électromagnétiques, RF/CEM)

Les tours-relais émettent des CEM hautes fréquences ou micro-ondes.
Le rayonnement peut atteindre quelques mètres ou plusieurs kilomètres. La distance d’émission dépend de la hauteur de la tour, du nombre d’antennes, de leur puissance, de leur orientation, de leur degré d’inclinaison, du relief local, etc.

Le schéma suivant illustre où se situent les micro-ondes dans le spectre électromagnétique.
emf spectrum

Source: Citizens for Safe Technology (C4ST)

Les CEM peuvent-ils nuire à la santé?

« Les êtres humains sont des systèmes bioélectriques. Le cœur et le cerveau sont régulés par des signaux bioélectriques internes. L’exposition à des CEM artificiels interfère avec les processus biologiques fondamentaux du corps humain. On dispose de preuves fiables selon lesquelles cette exposition peut nuire à notre santé ou à celle des enfants à naître de parents qui baignent actuellement dans les RF des technologies sans fil. » – The BioInitiative Report 2012

« L’espèce humaine a modifié son environnement électromagnétique plus que tout autre aspect de l’environnement. Autour de nous, l’intensité des ondes radio, par exemple, est maintenant 100 ou 200 millions de fois le niveau naturel de celles émises par le soleil et qui atteignent la Terre. »

Dr Robert O. Becker
Deux nominations au prix Nobel de médecine
State University of New York (dans The Body Electric, 1985)

La réponse est OUI ! Nous savons depuis longtemps que les rayons X (rayonnements ionisants) sont biologiquement nocifs. Maintenant, bien des scientifiques affirment que l’exposition aux micro-ondes (rayonnements non ionisants) nuit à la santé, même à de très faibles taux.

Les communications sans fil font partie intégrante de notre quotidien, et nous sommes entourés de micro-ondes. Les villes sont en permanence enveloppées dans un brouillard électromagnétique invisible, un océan de micro-ondes dans lequel nous baignons jour et nuit. Les micro-ondes proviennent des :

  • Téléphones cellulaires
  • Antennes de tours de téléphonie mobile
  • Téléphones sans fil
  • Interphones de surveillance (pour les bébés)
  • Points d’accès sans fil (« hotspots »)
  • Dispositifs Wi-Fi (tablettes, PDA, etc)
  • Routeurs Wi-Fi
  • Compteurs intelligents

Les tours de téléphonie mobile et les compteurs intelligents se répandent un peu partout en dépit des inquiétudes pour la santé exprimées par des experts et malgré la résistance du public. Ces dispositifs produisent des champs de RF pulsées sans aucune interruption. Remarque : les compteurs intelligents peuvent produire des niveaux d’exposition aux RF équivalents à ceux relevés de 30 à 180 mètres d’une tour.

Inconscients des dangers potentiels qui lui sont associés, nous sommes de plus en plus dépendants de cette technologie.

Un corpus impressionnant de recherches scientifiques menées à l’échelle mondiale associe les rayonnements des micro-ondes à des affections graves

« L’exposition chronique aux rayonnements des radiofréquences est un risque environnemental évitable suffisamment documenté pour justifier des mesures immédiates de prévention […] Les directives de la FCC américaine en matière d’exposition aux RF utilisées pour justifier l’installation de compteurs électriques intelligents sont obsolètes et ne tiennent compte que des effets thermiques sur les tissus – une foule d’études plus récentes montrent des troubles métaboliques et génétiques associés à l’exposition aux RF et aux ELF à des niveaux d’intensité sans effets thermiques. »
— Position de l’Académie américaine de médecine environnementale (2012) fondée sur « l’évaluation scientifique de la littérature médicale actuelle ».

Jusqu’à tout récemment, les chercheurs n’examinaient que les effets thermiques des micro-ondes sur les humains, l’échauffement des tissus. Cependant, même si des niveaux faibles d’exposition aux rayonnements hyperfréquences ne vous feront pas cuire, un nombre croissant de recherches scientifiques internationales prouvent qu’il peut y avoir une réaction biologique, notamment des modifications au niveau cellulaire, des perturbations de l’ADN et une longue liste de maladies :

  • Cancer (notamment du cerveau et des nerfs auditifs)
  • Leucémie et cancer du cerveau de l’enfant
  • Maladie d’Alzheimer
  • Sclérose latérale amyotrophique
  • maladie de Parkinson
  • Lésions génétiques
  • Anomalies de la reproduction
  • Dégénération neurologique et troubles du système nerveux central
  • Dysfonctionnement du système immunitaire
  • Incidences sur les facultés cognitives
  • Dégradation des proteines et des peptides
  • Lésions rénales
  • Effets sur le développement
  • Trouble du spectre autistique

Sans oublier les effets immédiats souvent ressentis :

  • Migraines
  • Insomnie
  • Troubles de la mémoire
  • Vertiges
  • Dépression, etc.

CEM et mélatonine : en absence de lumière, notre glande pinéale secrète de la mélatonine – une hormone essentielle. Mais le cerveau ne peut faire la distinction entre les ondes électromagnétiques et les ondes lumineuses. En présence de CEM, le cerveau croit qu’il ne fait pas nuit et ne produit pas de mélatonine. La mélatonine est un antioxydant puissant, qui contribue à la prévention de la maladie d’Alzheimer, de la dépression, des maladies cardiovasculaires, de l’insomnie, des troubles de l’humeur, de l’acouphène et de divers cancers..

Tamoxifène : le médicament le plus courant pour prévenir la récidive du cancer du sein perd son efficacité si la patiente est exposée à des CEM. Source : site Web de Breast Cancer Options

Électro-hypersensibilité — ou sensibilité électromagnétique : syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques reconnu par l’OMS. Les symptômes varient et peuvent inclure notamment : troubles du sommeil, dépression, migraines, irritabilité, pertes de mémoire, infections fréquentes, variations de la pression artérielle, douleurs musculaires et articulaires, engourdissements ou picotements, acouphènes, perte de l’ouïe, troubles de l’équilibre et problèmes oculaires. À l’échelle mondiale, on estime qu’au moins 3 % de la population souffre d’électro-sensibilité, mais jusqu’à maintenant, la Suède est le seul pays qui indemnise les personnes atteintes.

Cliquez ICI pour les liens vers les études.

L’étude la plus concluante a été menée par un hôpital universitaire suédois – « Preuves épidémiologiques du lien entre l’utilisation des téléphones sans fil et les maladies tumorales » [titre traduit] – et publié par la revue médicale Pathophysiology (éd. Elsevier). Cette étude, qui a suivi plus de 2000 personnes depuis le début des années 1990, a conclu à un risque nettement plus élevé de cancer après plus de 10 années d’utilisation de téléphones cellulaires et sans fil. Elle a par ailleurs confirmé que les études initiales sur le sujet comportaient des périodes de latence trop courtes et portaient sur de trop petits nombre de sujets.

Devant le nombre croissant d’études aux conclusions analogues, en 2011, le Centre international de Recherche sur le cancer (Organisation mondiale de la santé) a reclassé les champs électromagnétiques de radiofréquences comme « peut-être cancérogènes pour l’homme » (groupe 2B des agents cancérogènes comme le DDT ou le plomb). Une foule de gens vivant dans le voisinage de tours de téléphonie mobile témoignent de symptômes invalidants. On recense un nombre croissant de grappes de cas de cancer près de ces tours.

Les personnes électro-hypersensibles, pas très nombreuses, jouent peut-être le rôle des canaris dans les mines de charbon. Mais au niveau cellulaire, 100 % des gens sont touchés.

Qui fixe les normes des niveaux d’exposition sans danger?

« J’estime irresponsable de fixer des normes uniquement à partir des effets thermiques. Cette approche néglige une masse de données. »
– Dr Henry Lai, Laboratoire de recherche bio-électromagnétique, Département de génie biologique, Université de Washington (Seattle, É.U.)

Entendu à la BBC : « Est-ce que l’ICNIRP a raison de fixer ses directives seulement en fonction des effets thermiques? »
Prof. Olle Johansson : « Non, non, non, c’est de la foutaise! On ne peut accorder aucune crédibilité à ces directives. »
– Olle Johansson, professeur adjoint et dir.du Département de neuroscience, Unité de dermatologie expérimentale, Institut Karolinska; et professeur au Swedish Royal Institute of Technology (Stockholm, Suède)

À l’heure actuelle, les directives acceptées à l’échelle internationale sur les niveaux d’exposition sans danger sont établies par l’International Commission for Non-Ionising Radiation Protection (ICNIRP). Ces normes ont été conçues pour limiter l’exposition à des niveaux inférieurs à ceux de l’échauffement des tissus (entre 28 et 61 volts par mètre) selon la fréquence. On ne s’intéresse donc qu’à l’effet thermique.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) se fie sur l’ICNIRP pour faire ses recommandations, et tous les gouvernements, dont celui du Canada et des ÉU, les suivent.

L’OMS affirme donc que « l’exposition à long terme à de faibles niveaux de rayonnements n’a pas d’effets néfaste sur la santé ».

« Je crois qu’ils se trompent parce qu’il y a des PREUVES [du contraire]. Il faut qu’ils révisent leur énoncé de principes. Selon moi, ça ne reflète pas la réalité. »
— Sir William Stewart, président de l’Agence britannique de protection de la santé, ancien scientifique en chef du gouvernement Thatcher, chargé par Tony Blair en 2000 d’étudier les incidences sur la santé des téléphones et des antennes cellulaires. Après une année consacrée à l’étude des preuves disponibles, il n’a pas pu éliminer la possibilité qu’il y ait des effets biologiques.

Devant le nombre impressionnant d’études prouvant l’existence d’effets biologiques graves (cancer, etc.) à des niveaux bien inférieurs à ceux que l’ICNIRP considère sans danger (aussi peu que 0,06 V/m), on peut vraiment se demander pourquoi l’ICNIRP et l’OMS continuent de faire la sourde oreille.

Certains vont jusqu’à affirmer que l’ICNIRP entretient des liens trop étroits avec l’industrie.

Peu importe la raison, on nous bombarde d’affirmations trompeuses voulant qu’il n’y ait actuellement aucune preuve publiée sur des effets néfastes potentiels pour la santé — en dépit des nombreuses preuves du contraire.

« À l’échelle mondiale, le public se demande pourquoi les limites sécuritaires de santé publique de l’exposition aux champs électromagnétiques et de radiofréquences demeurent des milliers de fois plus élevées que les niveaux associés, selon de nombreuses études, à des impacts graves sur la santé. Ces inquiétudes augmentent depuis 2007. Près de 1800 nouvelles études ont été publiées dans les 5 dernières années, qui font état d’effets à des niveaux d’exposition de 10, 100 ou des milliers de fois moins élevés que ceux qui sont permis par les normes de sécurité en vigueur dans la plupart des pays. Pourtant, aucun gouvernement n’a instauré de réformes en profondeur. » [traduction libre] – The BioInitiative Report 2012

D’autres pays et des organismes responsables ont décidé d’agir

The Stewart Report (2000) de l’Agence britannique de protection de la santé : Après un an consacré à l’étude des téléphones mobiles, des tours et de leurs impacts sur la santé, ce groupe d’experts indépendants a déclaré qu’il y a suffisamment de preuves selon lesquelles les tours de téléphonie causent des dommages biologiques pour encourager l’adoption du principe de précaution. C’est à la demande de Tony Blair que Sir William Stewart a dirigé cette étude. Ancien scientifique en chef du gouvernement Thatcher, et actuel président de l’Agence de protection de la santé du RU, il insiste sur l’urgence de réviser nos directives.

The BioInitiative Report 2012 (préparé par un groupe de travail international de 29 scientifiques, chercheurs et professionnels de la santé publique de 10 pays) : « les effets biologiques clairement établis se produisent à des niveaux d’exposition très faibles (niveaux non thermiques) aux CEM et aux rayonnements de RF. » Le rapport recommande une limite de précaution équivalente à 1 % de la limite instaurée au Canada mais il suggère de l’établir éventuellement à aussi peu que 3000 uW/m2 (ou 0,6 V/m) même à 500 m d’une antenne. Les antennes ne devraient jamais être à moins de 500 mètres d’une résidence, selon ce rapport.

L’American Academy of Environmental Medicine a publié en 2012 un mémoire basé sur « l’évaluation scientifique de la documentation médicale actuelle » dans lequel elle déclare que « l’exposition chronique aux rayonnements de radiofréquences [de la technologie sans fil] est un risque évitable suffisamment bien documenté pour justifier des mesures immédiates de prévention en matière de santé publique. Les directives existantes sur la sécurité des RF dont on s’est servi pour justifier l’installation des compteurs électriques intelligents ne tiennent compte que des effets thermiques sur les tissus et elles sont obsolètes, puisque une foule d’études récentes montrent des troubles métaboliques et génétiques associés à l’exposition aux RF et aux ELF à des niveaux inférieurs à ceux qui échauffent les tissus. »

Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’OMS : en 2011, le CIRC a classé les champs électromagnétiques de radiofréquences comme « peut-être cancérogènes pour l’homme » (groupe 2B des agents cancérogènes comme le DDT ou le plomb).

Le département régional de santé publique de Salzbourg (Autriche) a interdit le Wi-Fi dans les écoles et les garderies en 2005 (http://bemri.org/publications/biological-effects-of-non-ionizing-radiation/wifi-and-dect/doc_view/136-advisory-letter-to-schools-re-dect-and-wifi.raw?tmpl=component

En Allemagne, le gouvernement fédéral a lancé un avertissement national en 2007, exhortant la population à éviter l’exposition aux rayonnements des dispositifs Wi-Fi dans les cafés, les écoles, les points d’accès publics et les résidences, et a recommandé aux gens de limiter cette exposition à des niveaux aussi faibles que possible ».
http://www.icems.eu/docs/deutscher_bundestag.pdf;
http://www.independent.co.uk/environment/greenliving/germany-warns-citizens-to-avoid-using-wifi-401845.html

Le Parlement européen qui représente l’ensemble des États membres de l’Union européenne, préoccupé par les incertitudes qui demeurent à propos des risques possibles pour la santé associés aux rayonnements électromagnétiques, a adopté un rapport le 2 avril 2009 à 559 voix contre 22, afin que « l’installation d’antennes, de tours de téléphonie mobile et de lignes à haute tension soit le résultat d’un dialogue entre acteurs industriels, pouvoirs publics et associations de résidents afin de minimiser les risques pour la santé et les poursuites […] Et de veiller au moins à ce que les écoles, les crèches, les maisons de repos et les établissements de santé soient tenus à une distance donnée de ce type d’équipements, déterminée sur la base de critères scientifiques. »

Le Conseil de l’Europe composé de 47 nations, dont le R.-U., la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Irlande, la Suède et l’Espagne a adopté en 2011 la Résolution 1815 qui stipule : «…privilégier pour les enfants en général, et plus particulièrement dans les écoles et salles de classe, des systèmes d’accès à l’Internet par connexion filaire et de réglementer de façon stricte l’utilisation du portable par les élèves dans l’enceinte de l’école. » (Section8.3.2)
http://assembly.coe.int/Mainf.asp?link=/Documents/AdoptedText/ta11/FRES1815.htm

Le Selentum Statement 2011 : un groupe de scientifiques (Norvège, Israël, É.U., Suède, Russie et Grèce) ont publié un communiqué demandant « de toute urgence et à l’échelle mondiale l’instauration de normes de sécurité plus strictes concernant le type de rayonnements RF émis par les compteurs intelligents et les appareils Wi-Fi. ». http://www.scribd.com/doc/48148346/Karolinska-Institute-Press-Release

http://iemfa.org/images/pdf/SELETUN_statement.pdf

Gouvernement d’Israël : en 2010, un exposé de principes officiel sur les rayonnements électromagnétiques dans les établissements scolaires demande au système d’éducation d’accorder la préférence aux technologies disponibles qui sont relativement simples et sans danger, comme les systèmes filaires plutôt que de recourir au sans-fil et au Wi-Fi.
http://www.disconnectbook.com/2011/03/07/position-paper-on-electromagnetic-radiation-in-a-schoolenvironment/

Institut Karolinska (Stockholm, Suède), dans un communiqué de presse (3 février 2011) : « Des scientifiques exhortent à stopper le déploiement tous azimuts du sans-fil et demandent de nouvelles normes de sécurité : avertissement à l’égard des risques pour les enfants et les femmes enceintes. »

Suède : depuis 2003, l’État reconnaît l’électro-hypersensibilité comme une maladie, et accorde des indemnités aux personnes atteintes (actuellement 3 % de la population reçoit des indemnités).

Suisse : en 2010, en collaboration avec Swisscom, le plus important fournisseur de services de télécommunication, on y a offert le câblage par fibre optique gratuit aux écoles pour remplacer la Wi-Fi par des connexions câblées.

Le Comité national sur la protection contre les rayonnements non ionisants (Russie) a adopté une résolution en 2011 afin de protéger les enfants, les adolescents et les femmes enceintes et a déconseillé l’utilisation du téléphone cellulaire aux jeunes de moins de 18 ans et aux femmes enceintes à cause du faisceau de preuves indiquant l’existence d’effets néfastes pour la santé.
http://iemfa.org/images/pdf/RNCNIRP_Resolution_2011.pdf

Suisse, Chine, Hongrie et Pologne : ces pays ont des directives plus strictes que le Canada et les É.-U. – non seulement tiennent-elles compte des effets thermiques, mais également des effets biologiques comme les modifications de la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique et l’altération de l’ADN.

Dans ce domaine, malheureusement, le Canada est loin de donner l’exemple.

« Franchement, ils traînent la patte pour ce qui est d’évaluer les données scientifiques.
Et l’industrie, en plus de semer la confusion, engage des gens pour attaquer ces données. » [traduction libre]
– Frank Clegg, ancien président de Microsoft Canada ,
sur la position de Santé Canada à l’égard des émissions de RF

La position de Santé Canada sur les émissions de RF/CEM s’appuie sur une politique appelée Code de sécurité 6 qui établit que l’exposition à l’énergie micro-onde est sans danger dans la gamme de fréquences de 3 kHz à 300 GHz, et tant que l’exposition à la limite maximale ne dépasse pas une moyenne de 6 minutes.

Santé Canada ne tient compte que des effets thermiques en dépit des milliers d’études qui prouvent qu’il y a des effets biologiques graves sur la santé humaine à des taux très faibles de rayonnement.

En fonction de ces normes, le Ministère considère que les tours de téléphonie sont sans danger. Par conséquent, Industrie Canada réfute les arguments concernant la santé dans la question de l’installation de tours.

Le Code de sécurité 6 qui date des années 1980 n’a subi aucune mise à jour majeure reflétant le nombre croissant d’études scientifiques menées à l’échelle mondiale qui nous alertent sur les dangers de l’exposition au niveau cellulaire.

Santé Canada reconnaît du bout des lèvres qu’il faut davantage de recherche, mais continue de s’appuyer sur les mêmes normes tandis que des pays comme l’Italie, la Russie, la Chine et la Suisse ont instauré des réglementations 100 fois plus sévères que le Code 6.
• Dans ces pays, les limites sont autour de 100 000 microwatts/ m2
• Le Canada autorise 10 millions de microwatts/ m2 (100 fois plus)

La Santé publique de Toronto a exhorté Santé Canada à adopter une approche plus préventive en optant pour des limites 100 fois inférieures à celles des directives actuelles.

Santé Canada révise son code à des intervalles de quelques années mais continue de réfuter les preuves sur les effets biologiques tout en reconnaissant que « des données (limitées) donnent à penser que l’énergie RF pourrait causer le cancer ».
L’an passé, Santé Canada a demandé à la Société royale du Canada de mener une expertise indépendante sur le Code de sécurité 6 qui devait être publiée à l’automne. « Mais le groupe d’experts n’étudiera aucun effet non thermique (c.-à-d. biologique) néfaste. » – Sara Lauer, porte-parole de Santé Canada, The Toronto Star (17 juin 2013).

La publication du rapport de ce groupe d’experts a été remis au printemps 2014 à cause de « délais imprévus ». Le président du comité, Daniel Krewski, a démissionné en juillet dernier en raison de conflit d’intérêts, selon un rapport publié dans le Canadian Medical Association Journal, et un deuxième ferait l’objet d’un examen apparemment pour les mêmes raisons.

« Il est important de se souvenir, et l’on pouvait sans doute s’y attendre, que les interprétations des découvertes dans ce domaine de recherche sont sujettes à controverse, notamment parce que des intérêts particuliers peuvent influer sur certaines recherches. » [trad. libre]— Scientific American (24 avril 2006)

Le principe de précaution s’impose

Un nombre croissant de groupes de pression estiment qu’il est temps de mettre à jour le Code de sécurité 6 afin d’y inclure les effets biologiques non thermiques.

En attendant, nous recommandons l’adoption des principes suivants :

  • Instauration du principe de précaution selon lequel « en cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement ou les effets sur la santé humaine. »
  • Prévention de la pollution, car il est moins coûteux et plus efficace de prévenir les dommages environnementaux et à la santé humaine que de les gérer ou d’y remédier.
  • Droit des collectivités à être informés des risques potentiels pour la santé ou l’environnement, d’être consultés et de participer à la prise de décisions en matière de santé publique.

C’est d’ailleurs la tradition en matière de santé publique au Canada où la Cour suprême a accordé aux municipalités le pouvoir de prohiber les pesticides .

Autrement dit, on n’est jamais trop prudent!

Les tours de téléphonie mobile ne devraient jamais être érigées près des résidences, des écoles, des hôpitaux ou des lieux de travail.

« Je suis très préoccupée par les niveaux actuels de rayonnements hyperfréquences
en Amérique du Nord.
Au lieu de promouvoir la technologie sans fil, nous devrions privilégier
la technologie filaire et ne recourir au sans-fil que lorsqu’il n’y a pas d’autre choix.
Il faut admettre que les micro-ondes sont dangereuses. On ne doit pas s’en servir à la légère. Avec des fréquences toujours plus nombreuses, des niveaux de rayonnement en augmentation et si peu de recherche sur les effets à long terme des faibles niveaux de RF, nous avons peut-être libéré une bombe à retardement. »[trad. libre]

– Magda Havas, BSc, PhD